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Un Nouveau Rapport Examine Les Besoins, Les Attentes Et Les Craintes De La Population Civile Au Mali

PUBLICATION IMMÉDIATE

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Cynthia Sadler
cindy@civiliansinconflict
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Un nouveau rapport examine les besoins, les attentes et les craintes de la population civile au Mali pendant la mise en œuvre de l’accord de paix

 

Washington, DC, le 6 août 2015 — CIVIC (Center for Civilians in Conflict) publie aujourd’hui un nouveau rapport, Laissée pour compte : l’impact des trois années de conflit sur la population civile au Mali, qui montre l’ampleur des dommages subis par la population civile  pendant les hostilités, ainsi que la préoccupation résultant du fait que, malgré l’accord conclu en juin, les vecteurs sous-jacents du conflit ne sont toujours pas résolus. Tous les acteurs ayant participé aux combats ou aux efforts de maintien de la paix, y compris les forces déployées au Mali par l’ONU et la France, doivent se munir de politiques, pratiques et outils robustes afin de mieux protéger la population civile et atténuer les effets nuisibles des opérations en cours.

Fondé sur plus de 150 entretiens, ce rapport démontre que de nombreux civils maliens continuent à vivre dans l’insécurité et la crainte des attaques probables de groupes opposés au gouvernement dans le Nord, et se posent des questions sur la mise en œuvre de l’accord de paix. Pour un grand nombre de personnes interrogées, le gouvernement malien et ses forces armées doivent respecter les principes de pluralité et d’équité et centrer leur action sur le rétablissement de l’autorité de l’État, l’amélioration de la sécurité et la protection dans l’ensemble du Nord.

« Malgré les trois années de conflit et le sentiment d’avoir été abandonnés par l’État, dans l’ensemble du Nord du Mali la population civile a très fortement rejeté la violence, notamment les mouvements extrémistes violents, mais souhaite que les opérations des acteurs chargés de la sécurité soient menées dans le respect du principe de l’innocuité, et que soient intensifiés les efforts visant à protéger les communautés vulnérables », a déclaré Kyle Dietrich, directeur des programmes sur l’Afrique et le maintien de la paix à CIVIC. « Les forces armées du Mali, ainsi que la force de maintien de la paix de l’ONU et l’opération militaire française Barkhane, doivent à leur propre initiative redoubler leurs efforts, accroitre leurs capacités en matière de protection de la population civile, et faire amende honorable au regard des torts causés aux civils pendant les trois dernières années du conflit. »

Entre septembre 2014 et mars 2015, CIVIC a réalisé des travaux approfondis de recherche originale dans l’ensemble du Mali auprès des civils touchés par le conflit, des membres des groupes armés, des autorités publiques, des représentants de la société civile, des travailleurs humanitaires et des responsables de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Le rapport démontre que tous les acteurs du conflit doivent de toute urgence procéder à des modifications significatives des aspects stratégiques et opérationnels de leurs actions respectives afin de moins nuire à la population civile, tout en intensifiant les mesures de protection à leur propre initiative.

Traiter, de façon plurielle, avec la totalité des communautés maliennes permettrait non seulement de réduire le risque de dérives, mais renforcerait aussi grandement l’aptitude de l’armée malienne à vaincre les mouvances extrémistes qui se manifestent encore dans le pays. Un médecin de la région de Gao a déclaré à CIVIC : « La méfiance qui existe entre la population civile et les forces de sécurité est au cœur du manque de collaboration avec les acteurs de la lutte contre les groupes terroristes dans la région. »

Outre la volonté de veiller à la pluralité du processus de Vérité et réconciliation, la recherche réalisée par CIVIC a constaté que la population civile exige que toutes les parties soient tenues responsables de tous leurs actes antérieurs encore impunis, ainsi que la mise en place d’instances nouvelles permettant d’éviter, de surveiller et de réparer les dommages causés par les acteurs sécuritaires, y compris l’armée française et les forces de l’ONU. Les civils ont aussi condamné la reprise par la force des grandes villes du Nord, ainsi que le recours à des forces interposées et des milices pour assurer la sécurité.

Depuis janvier 2012, des centaines de Maliens ont été tués et des centaines de milliers de civils ont été obligés de s’enfuir de chez eux. L’effondrement de l’État dans la moitié nord du pays au début de 2012 a été suivi de trois années de conflit, principalement dans le Nord, entre le gouvernement et les groupes armés. En l’absence de toute autorité publique, les séparatistes laïques et les extrémistes islamistes se sont battus pour étendre leur influence et asseoir leur pouvoir dans les régions de Kidal, Tombouctou et Gao.

Au début de 2013, une intervention militaire dirigée par la France, intitulée Opération Serval à cette époque, a rapidement repoussé les groupes armés des grandes agglomérations du Nord. Mais la persistance des actes de violence et de l’instabilité, causés principalement par les mouvances extrémistes, continue à mettre en danger les populations civiles, dont l’opinion sur les causes et les conséquences du conflit reste relativement méconnue.

Un chef communautaire malien de 40 ans à Tombouctou a résumé ce que de nombreux civils ont déclaré aux chercheurs de CIVIC : « À moins que l’autorité de l’État soit totalement rétablie et que toutes les communautés s’engagent collectivement, la méfiance persistera entre les services de sécurité et les communautés arabe et touareg. La méfiance est un élément majeur du conflit, de la fréquence accrue des attaques et de la présence de cellules islamistes dans les zones nomades. »

Le rapport, où sont détaillées les mesures recommandées à tous les acteurs du conflit, est disponible en français à :
http://civiliansinconflict.org/resources/pub/laissee-pour-compte

 

Laissée pour compte : l’impact des trois années de conflit sur la population civile au Mali

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